FASHION WEEK, LE LUBRIFIANT SOCIAL DES FASHIONISTAS

Samedi 2 mars, 11h, défilé de la marque italienne DROMe. Finalement ça n’a commencé qu’à 11h40, mais ça je m’y attendais. 40 minutes d’attente donc lors desquelles j’ai pu assister à un tout autre genre de show, celui des fashionistas. « Hi, hey, ciao bella », le lexique des faux-culs dans son intégralité. Et je pensais : « miroir, mon beau miroir, dis leur que ce sont tous des putain de stars ». 

Puis l’heure du vrai show est arrivée, la collection était intéressante : assemblage de motifs, de pièces, de matières et une ribambelle d’accessoires pimpée de paires de gants de motards venus tout droit du cosmos. Le tout dans une ambiance contrastée, sur fond de musiques italiennes alternées avec des sons plus underground, comme Underworld de Born Slippy. Le clair-obscur était marrant, tantôt à Rome, tantôt à Berlin, un coup de prosecco, un tonc de LSD. Ça matchait bien. Des looks colorés, d’autres plus sombres, tous portés par des alliens plus vénères que jamais, aux pas effrénés mais avec l’air un peu cabossé.

Puis à contre-courant du spectacle auquel j’assistais, qui n’a duré qu’une dizaine de minutes, un détail m’a surpris. Plusieurs personnes n’en avaient clairement rien à branler, les yeux rivés sur leurs téléphones. Quel intérêt de bouger son cul un samedi à 11h du mat, et souvent même de venir de l’étranger? Puis entre la mascarade du pré-show et cette attitude désinvolte, j’ai tout de suite compris que pour bon nombre de fashionistas, la fashion week n’est qu’un lubrifiant social. Toutes huilées, elles claquent des bises, se pavanent et s’approprient la scène le temps d’un instant pour le moins gênant, celui de leur vie.